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Maladies chroniques inflammatoires de l'intestin

Les MICI ou maladies inflammatoires chroniques de l’intestin




La rectocolite ulcéro-hémorragique (RCUH) et la maladie de Crohn (MC) sont 2 maladies cousines caractérisées par un état inflammatoire chronique de l’intestin. Techniquement, la RCUH débute au niveau du rectum et s’étend de manière continue vers le côlon, touchant uniquement la muqueuse superficielle de l’intestin. Dans la maladie de Crohn, les lésions sont discontinues, les segments sains alternant avec des lésions pouvant toucher toute l’épaisseur du tissu et s’étendre sur tous les organes du système digestif. Les diagnostics et le suivi de ces maladies relèvent de compétences médicales spécialisées. Ces 2 pathologies constituent les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), qui toucheraient 1 pers./ 360 en Belgique!


L’origine de ces 2 pathologies reste incertaine et probablement multi-factorielle, impliquant une prédisposition génétique (+ de 200 gènes ont été associés aux MICI, certains étant spécifiques à la MC, d’autres à la RCUH, d’autres encore étant communs aux 2 pathologies). Les terrains génétique et immunologique interféreraient avec des facteurs environnementaux aboutissant à une réponse immunitaire non appropriée, provoquant l’apparition de ces maladies.


Parmi les facteurs environnementaux, on retrouve le tabac, le stress, le régime alimentaire, la consommation de certains médicaments comme les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), et certaines infections digestives. Un déséquilibre dans la balance des molécules pro et anti-inflammatoires a été clairement identifié dans la MC.


De plus en plus d’arguments impliquent aussi un dysfonctionnement de l’écosystème intestinal du côlon, aujourd’hui considéré comme un “organe” à part entière, contribuant à notre intégrité physique et psychique. Il dépend de la qualité de notre microbiote, de nos muqueuses intestinales, formées de cellules accolées les unes aux autres, véritable frontière entre l’intérieur et l’extérieur, protégées par une couche de mucus.


Dans les MICI, des perturbations de cet écosystème lors de la petite enfance suite à la prise répétée d’antibiotiques ont été évoquées; des micro-organismes pathogènes ont parfois été identifiés dans le microbiote. Ont-ils été les déclencheurs? Lorsque l’écosystème intestinal est déséquilibré, notre transit en est perturbé. Parfois, les aliments stagnent, fermentent ou putréfient (par exemple dans la maldigestion des protéines suite à une prise d’IPP à long terme), entraînant une dysbiose (déséquilibre du microbiote). Se produisent alors des gaz en excès, des ballonnements, de la constipation, de la diarrhée, provoquant une hyper-perméabilité intestinale (par irritation et distension). Une micro-inflammation tissulaire s’installe. Les aliments sont moins bien absorbés, conduisant à des déficits micro-nutritionnels, eux-mêmes potentiellement à l’origine de déséquilibres immunitaires. La conjonction de ces éléments entretient le cercle vicieux de l’inflammation, des réponses immunitaires inadaptées. Conséquence et/ou cause des MICI ?


Ces maladies chroniques évoluent par poussées entrecoupées de périodes de rémission, de durées variables d’un patient à l’autre. Dans les MICI, l’état inflammatoire chronique se répercute souvent sur l’état général, engendrant fatigue, douleurs articulaires, mauvais sommeil, voire d’autres signes associés.

Les patients évoquent souvent des douleurs plus importantes le matin, probablement liées à la fois une certaine forme de « sédentarité nocturne », à une circulation ralentie, et à une moins bonne élimination des toxines mais aussi probablement liée à notre horloge biologique qui ré-enclenche le péristaltisme (mouvement au niveau du tube digestif) en fin de nuit. Les MICI entravent fortement la qualité de vie des personnes, plus encore en période de crise. L’inconfort général, la fatigue psychique, l’incertitude, sont des écueils dans ces pathologies au long cours. Pour envisager une amélioration de la qualité de vie, travailler sur l’acceptation, apprivoiser au mieux les contraintes spécifiques à chacun est primordiale car actuellement aucun traitement ne permet de guérir définitivement ces pathologies.


Outre les traitements médicaux et chirurgicaux nécessaires, il semblerait de bon aloi d’essayer de tempérer ces réactions immunitaires inadaptées via une hygiène de vie adéquate et une assiette anti-inflammatoire, en veillant à éviter les déficits ou carences nutritionnelles par des régimes trop stricts, la digestion des aliments et l’absorption des nutriments étant déjà souvent altérées. De plus, lors des crises les besoins nutritionnels sont augmentés.


En cas de diarrhée, il faut veiller d’abord à une bonne hydratation. Le bouillon de légumes ou la soupe de carottes (500g de carottes dans 1L d’eau légèrement salée porté à ébullition pendant 1h), la banane peu mûre, l’eau de riz, la pomme de terre et le gingembre peuvent être salvateurs. Par contre, il vaut mieux éviter les crudités, les fruits crus, le lait, les aliments trop sucrés, le café, les boissons alcoolisées, les aliments riches en sorbitol (pruneaux, jus de pommes, champignons et tous les polyols comme le sorbitol (E420), le mannitol (E421), le maltitol (E965) et le xylitol (E967), que l’on retrouve dans les confiseries sans sucres.


Stratégies pour limiter les facteurs environnementaux :

  • La thérapie ACT, thérapie d'acceptation et d’engagement, peut aider à la fois pour l’arrêt du tabac, l’acceptation et la gestion du stress. L’acupuncture, l’auriculothérapie, l’ostéopathie sont utiles dans la gestion des douleurs et dans un ré-équilibrage physiologique de fond.

  • Une activité physique adaptée d’endurance reste recommandée pour entretenir tant la masse osseuse que musculaire.

Stratégies pour préserver les muqueuses fragilisées du système digestif :


Manger lentement, plus souvent de petites quantités, et bien mastiquer pour broyer les aliments, les pré-digérer mécaniquement, bien les imprégner de salive riche en enzymes digestives, alléger ainsi le travail de l’estomac, des intestins et du pancréas.

  • Favoriser une alimentation « douce », presque identique à celle du petit enfant, surtout en période de crise, en évitant les boissons alcoolisées, les aliments ultra-transformés (biscuits, pâtisseries industrielles, etc), la consommation excessive de viande rouge, de charcuteries, de crudités et de céréales complètes riches en fibres, de produits laitiers, de blé.

  • Préférer les légumes cuits, de saison et de qualité bio en variant les couleurs.


Stratégies pour moduler les réactions immunitaires :

  • Inviter le bon gras au menu comme les acides gras Ω-3 (poissons gras, œufs de la filière Ω-3 « Columbus »). Pour les assaisonnements, favoriser l’huile de colza, d’onagre, de bourrache et d’olive. Celles-ci doivent être de première pression à froid et conservées dans des bouteilles en verre foncé.

  • Consommer des végétaux colorés riches en polyphénols comme par exemple les anthocyanes trouvées dans les aliments de couleurs bleu-mauve (aubergines, myrtilles, cassis, mûres)

  • Opter pour des cuissons douces, à la vapeur.

  • Utiliser les épices comme le curcuma, le gingembre, possédant tous deux des vertus anti-inflammatoires remarquables.

  • Assurer des apports suffisants en vitamine D, qui module l’immunité.


Un dépistage de carence en micronutriments doit être effectué régulièrement et les déficits spécifiques corrigés, en accord avec le médecin spécialiste, pour éviter toute interaction avec les médicaments ! Certains compléments en vitamine B9, B12, D, E, en glutamine, en zinc, en fer, en calcium, en Ω-3 (mélange EPA, DHA), en polyphénols, en pré et probiotiques, et même certains hydrolysats de protéines, peuvent être conseillés. Les besoins protéiques sont augmentés en cas de MICI active et l’apport protéique conseillé est alors de 1,2 à 1,5 g/kg/j chez l’adulte.

En conclusion, l’accompagnement des traitements médicaux par une hygiène de vie et une alimentation adaptées peuvent certainement participer à l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de MICI.





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